Les religions et le don d'organes
 
Les religions ont parfois des points de vue différents concernant le don d'organes. Voici un bref aperçu des différentes églises. Il faut se référer aux autorités compétentes pour obtenir une ligne de conduite ou une interprétation.
 
Église catholique
 
L'Église catholique est favorable au don d'organes.
 
En 1996, la Commission sociale de l'Épiscopat lançait cet appel :
 
    « Nous vous invitons instamment à une réflexion personnelle et à ces échanges en famille et à l'intérieur des communautés, paroissiales et autres. En lançant cet appel, nous ne cherchons pas à faire pression sur les consciences. Nous vous invitons surtout à prendre conscience que la mort peut frapper chacun d'entre nous et de nos proches de manière inopinée, bien avant une vieillesse avancée, et que si douloureuse qu'elle soit pour ceux qui nous aiment et que nous aimons, cette mort peut aussi devenir l'occasion d'un acte de solidarité de très grande valeur. Oui, l'acceptation de la possibilité d'un don volontaire d'organes est une forme d'un véritable don de soi pour l'autre, un authentique acte d'amour. C'est une des applications inattendues de la parole du Christ : "Nul n'a d'amour plus grand que celui qui donne sa vie pour ceux qu'il aime".  »
 
Plusieurs fois, le pape Jean-Paul II est intervenu pour appeler à ce don, en rappelant d'ailleurs les conditions dans lesquelles le prélèvement devait être réalisé. « Je suis certain que les responsables sociaux, politiques et éducatifs renouvelleront leur engagement à promouvoir une véritable culture du don et de la solidarité. Il faut insuffler dans le cœur des personnes, et en particulier dans le cœur des jeunes, une reconnaissance authentique et profonde du besoin d'amour fraternel, un amour qui puisse trouver une expression dans la décision de devenir un donneur d'organes. » (Discours au 18° Congrès international de transplantation d'organes - 29 août 2000). Benoît XVI possède quant à lui une carte de donneur depuis de nombreuses années et a déclaré récemment à un journal italien qu'il la portait sur lui en permanence.
 
Islam
 
Les décisions de l’Académie du droit musulman (al-Majma‘ al-fiqhî al-islâmî) basée à la Mecque (et qui est affiliée à la Ligue islamique mondiale – Râbita al-‘alam al-islâmî) et du Conseil international de jurisprudence basé à Jeddah en Arabie Saoudite (et affilié à l’Organisation de la conférence islamique – OCI) sur la transplantation d’organes précisent qu'il est permis de prélever un organe d’un mort pour le greffer dans le corps d’une personne vivante si sa survie dépend de cette opération, ou quand celle-ci est nécessaire pour assurer une fonction essentielle de son organisme. Pour cette opération, il faut avoir le consentement du défunt, de ses héritiers légitimes après sa mort ou l’accord de l’autorité musulmane, si le défunt est un inconnu et (ou) sans héritiers.
 
Cette permission est valable dans le seul cas où les greffes sont pratiquées sans but commercial et lucratif. Les organes doivent être mis gratuitement à la disposition des établissements médicaux car il est strictement interdit de faire le commerce d’organes d’origine humaine. En accord avec les données actuelles de la science, le concept de mort encéphalique est reconnu, une personne étant « légalement décédée quand il y a arrêt total, et jugé irréversible par les médecins, soit des contractions cardiaques et des mouvements respiratoires, soit des fonctions vitales cérébrales avec début de destruction du cerveau ».
 
Ces décisions reposent sur l'analyse suivante : en Islam, seul Dieu donne et reprend la vie, nous ne sommes que les usufruitiers de la vie lors de notre passage sur Terre. Cependant, la maladie n'est pas une fatalité et il faut choisir le moindre d’entre deux maux. L'intérêt du vivant a donc priorité sur le respect dû au cadavre. Afin de garantir la prééminence et le caractère sacré de la vie, le don d'organe est en conséquence reconnu et valorisé comme une bonne action, à condition d'un consentement, du respect de la personne et d'une non-commercialisation. « Quiconque sauve la vie d’un seul être humain est considéré comme ayant sauvé la vie de l’humanité tout entière ! » (Coran 5/32)
 
Le Conseil européen de la fatwa (siège social à Dublin, Irlande) a complété les résolutions sur les dons d’organes par les recommandations suivantes relatives au consentement et à la volonté du défunt : Si, de son vivant, une personne a exprimé par écrit sa volonté de faire don de ses organes après sa mort, ce testament est souverain et doit être exécuté. Les héritiers du défunt n’ont pas le droit d’apporter des modifications à ce testament car la volonté de la personne décédée prime sur celle des proches. Si la loi du pays précise que l’absence d’inscription constitue une présomption d’accord à un prélèvement d’organes, alors, de son vivant, le musulman doit faire inscrire, dans un registre son opposition à un prélèvement d’organes sur son corps après décès, sinon il donne son accord implicite.
 
Judaïsme
 
Pour le judaïsme, les prélèvements et la transplantation peuvent êtres effectués à condition de respecter des conditions strictes comme la valeur sacrée de la vie. Devant garder espoir et foi envers le Créateur jusqu'au bout, il ne saurait être question de provoquer la mort, qu'il s'agisse d'abréger des souffrances ou de vouloir prélever un organe pour sauver un autre être humain. On ne peut dégrader le corps qui conserve après la mort son caractère sacré. Il faudra donc l'inhumer avec respect ce qui impose un comportement digne de la part des transplanteurs. Dans le même ordre d'idée, on ne peut en tirer profit.
 
Les penseurs concilient ainsi les règles religieuses avec le devoir supérieur de sauver toute personne en danger de mort (Pikouah Nefesh) : « la considération majeure du sauvetage de la vie supplante toutes les lois bibliques imposant l’interdiction de la mutilation du mort, de l’utilisation de l’organisme mort et du délai imparti pour enterrer le mort et lui rendre les honneurs dus. »
 
Lors d’une audition parlementaire, le Grand rabbin de France indiquait ainsi : « La greffe se heurte à deux interdictions de la religion juive : ne pas porter atteinte au cadavre et ne pas tirer profit du cadavre. Mais il a été admis que l’on pourra enfreindre ces deux interdictions quand il s’agira de sauver une vie humaine. » Ce devoir religieux d’agir pour « sauvegarder une personne » s’impose au nom de la valeur suprême de la vie, finalité de tous les commandements.
 
Il faut noter que la mort encéphalique n'est pas considérée comme une mort par la grande majorité des décisionnaires depuis plusieurs générations. Le Hatam Sofer (Yoré Dea 338) a défini le moment de la mort selon 3 critères :
 
   1. Arrêt des pulsations du cœur ;
   2. Arrêt de la respiration ;
   3. Le fait que son corps soit inanimé.
 
Cette opinion est celle retenue par la grande majorité des décisionnaires religieux juifs à travers le monde. Toutefois, le Rabbinat d'Israël a accepté, dans certains cas de considérer la mort encéphalique comme une mort réelle. Toutefois, cette greffe ne pourra se faire qu'en présence de l'un de ses représentants (afin d'éviter tout abus), ce qui est évidemment impossible en dehors d'Israël.
 
Adventistes du septième jour
 
     Le don d’organes et de tissus est fortement encouragé.
Ils croient en la guérison divine.
      Ils exploitent un réseau mondial d’hôpitaux et de cliniques.
 
Amish
 
Consentent au don quand il est bénéfique pour la santé et le bien-être du receveur transplanté.
Hésitent à donner si la greffe n’a pas de chance de réussir ou si les organes sont utilisés pour la recherche.
 
Baptiste
 
    le don d’organes et de tissus est encouragé  et est considéré comme étant un acte de charité.
 
Bouddhisme
 
   Pas de position officielle sur le don d’organes mais plutôt en faveur.  Respecte le choix personnel.
L’attitude de chaque école ou tradition du bouddhisme, en fonction du concept de « re-naissance ».  La tradition du Sud permet les autopsies et les greffes d’organes ou de tissus, dans la croyance selon laquelle la re-naissance survient immédiatement après la mort.  La tradition du Nord croit qu’il y a un état intermédiaire entre les « incarnations ». Les bouddhistes évitent de remuer ou de toucher le corps pendant huit heures.
 
Confucianisme
 
Il est interdit d’endommager le corps dans son ensemble.
Traditionnellement contre le don d’organes. La mort encéphalique a cependant été officiellement reconnue par la Corée en l'an 2000 pour fins de don d’organes.
 
Épiscopalienne
 
Encourage le don d’organes et de tissus.
 
Grecque orthodoxe
 
Le don d’organes et de tissus est encouragé s’il est utilisé pour améliorer la qualité de la vie humaine.
Ils appuient le don et la transplantation d’organes et de tissus, mais ils n’appuient pas la recherche et l’expérimentation.
 
Hindouisme
 
Le don d’organes et de tissus n’est pas interdit.
Choix personnel.
 

Luthérienne
 
Encourage le don d’organes et de tissus.
 
Mennonite
 
Le don d’organes et de tissus n’est pas défendu.
Choix personnel.
 
Mormons (Saints des derniers jours)
 
La décision est personnelle.
 
Pentecôpisme
 
Choix personnel.
 
Presbytérienne
 
Encourage et favorise le don.
 
Protestantisme
 
Encourage le don d’organes.
Choix personnel.
 
Quakerisme
 
Choix personnel.
 
Scientiste (Église du Christ)
 
Les membres de la congrégation peuvent consentir au don d’organes.
 
  Shintoïsme
 
Ils croient que le corps est pollué après la mort et qu’une personne n’est pas totalement morte avant une période de 49 jours. Plusieurs croient que le prélèvement d’organes est irrespectueux
La famille peut annuler la décision du mourant de consentir au don par crainte d’attrister l’âme du défunt
 
Sikhisme
 
Adopte une attitude positive sur le don d’organes et de tissus.  La philosophie et l’enseignement sikh mettent beaucoup l’accent sur l’importance du service désintéressé aux autres et l’exécution « d’actes nobles ».
 
Spiritualité Autochtone : Premières Nations (Mohawk, Cri, Algonquins, Naskapis, Montagnais, Micmac, et Atikamekw)
 
Le don et la transplantation d’organes et de tissus sont des décisions personnelles faites après mûre réflexion et beaucoup de conseils.
 
Spiritualité Autochtone:  Inuit
 
90 % de la population est anglicane, les autres sont catholiques ou pentecôtistes
S’ils reçoivent un don d’organes, ils croient qu’ils hériteront de l’âme du donneur et que cela changera leur destin.
Le don et la transplantation d’organes et de tissus sont des décisions personnelles faites après mûre réflexion et beaucoup de conseils.
 
Taoïsme
 
Pas d’objections à utiliser une partie de l’organisme après le décès.
 
Témoins de Jéhovah
 
Ils refusent les transfusions sanguines, mais ils peuvent choisir d’accepter d’autres produits tels que l’albumine, les immunoglobulines ou des concentrés de facteurs de coagulation.
Le don et la transplantation d’organes et de tissus sont des décisions personnelles.
Si le consentement est obtenu, tous les organes et les tissus doivent être complètement vidés de sang Ils sont à l’aise avec le don de tissus, car le sang n’est pas en jeu.
 
L'association Morgan vivre grâce à la greffe vous invite  :
"dimanche 2octobre inscription et depart de la mairie de TARENTAISE commune du pilat"
3 parcours fléchés 7 ,12 ET 18 km marche gratuite possibilite acheter sandwich au depart.
 
Merci d'avance
Dimanche 5/12 à 15h, salle Daquin à la Ricamarie : pièce de théâtre "Le coupable est dans la salle".
Association Morgan  - Vivre grâce à la greffe.
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